Contre-illumination
La contre-illumination est un camouflage par émission lumineuse qui réduit la silhouette sombre d’un animal observé depuis le dessous. Sa lumière ventrale se rapproche du fond lumineux provenant de la surface. Ce mécanisme existe chez certains poissons, crustacés et céphalopodes marins. Il constitue une fonction particulière de la bioluminescence, plutôt qu’une conséquence automatique de toute émission de lumière.
Réduire un contraste
Un animal opaque placé entre un observateur profond et la surface intercepte une partie de la lumière descendante. Sa silhouette se détache alors sur un fond plus clair. Des photophores orientés vers le bas peuvent compenser une partie de cette différence.
La production de lumière seule ne suffit pas. L’intensité, le spectre, la répartition des organes et la direction de l’émission influencent le contraste perçu. Une lumière trop faible laisse apparaître la silhouette ; une lumière trop forte peut rendre l’animal plus visible. Les propriétés visuelles de l’observateur interviennent aussi dans l’efficacité du camouflage.
Produire et régler la lumière
Selon les espèces, l’émission résulte de systèmes propres à l’animal ou de microorganismes symbiotiques. Le calmar hawaïen Euprymna scolopes possède un organe lumineux associé à des bactéries. Les observations expérimentales de Jones et Nishiguchi montrent qu’il peut ajuster son émission à des variations de la lumière descendante dans les conditions étudiées.
Chez d’autres organismes, la disposition des photophores et leurs structures optiques orientent l’émission. Les mécanismes de réglage ne sont pas identiques dans toutes les lignées. La capacité observée chez un calmar ne permet donc pas de déduire le mode de contrôle de tous les poissons lumineux.
Conditions et limites
La profondeur, l’heure, la turbidité et la posture modifient le fond lumineux et l’angle sous lequel la silhouette est vue. Une correspondance satisfaisante dans une direction peut rester imparfaite dans une autre. Le camouflage réduit un contraste ; il ne rend pas l’animal invisible dans toutes les conditions.
Une émission destinée à attirer une proie, à communiquer ou à perturber un prédateur remplit une autre fonction. L’identification de la contre-illumination repose sur la direction de l’émission et sa relation avec la lumière ambiante. L’efficacité se décrit par le contraste résiduel pour l’observateur, plutôt que par la seule luminosité des organes.