Détritus
Les détritus sont des matières organiques mortes, généralement particulaires, provenant notamment de fragments de végétaux et d’animaux, de fèces et de matières issues de la croissance microbienne. Ils forment un compartiment dynamique : bactéries, champignons et autres organismes les colonisent, les transforment et modifient leur valeur alimentaire au cours de la décomposition.
Origine et transformations
Les détritus autochtones sont produits dans le milieu aquatique, par exemple par le phytoplancton, les macrophytes ou les animaux. Les détritus allochtones arrivent de l’extérieur, comme les feuilles et le bois apportés par la ripisylve. Leur fragmentation produit des fractions grossières puis fines ; la solubilisation et l’activité microbienne alimentent aussi la matière organique dissoute.
La vitesse de transformation dépend de la température, de l’oxygène, de la composition chimique du matériau, du débit et de l’activité des décomposeurs et des détritivores. Le terme ne désigne donc pas une substance homogène : un fragment végétal récent, un agrégat organo-minéral et une particule fortement dégradée diffèrent par leur teneur en carbone, en azote et en éléments minéraux.
Rôle dans les milieux aquatiques
Dans les cours d’eau, les estuaires et les sédiments, les détritus transportent du carbone et soutiennent des réseaux trophiques microbiens et animaux. Leur minéralisation remet en circulation l’azote et le phosphore. Un apport modéré constitue une ressource écologique, tandis qu’une charge organique excessive peut accroître la demande en oxygène et contribuer à l’hypoxie. Leur effet dépend ainsi du flux reçu, de leur biodégradabilité et de la capacité d’oxygénation du milieu.