Diapause
La diapause est un arrêt développemental réversible, programmé et accompagné d’une forte réorganisation physiologique. Elle permet à un organisme de franchir une saison défavorable à un stade résistant. Chez certains poissons annuels et crustacés, elle associe ralentissement du métabolisme, tolérance accrue aux contraintes environnementales et reprise coordonnée du développement lorsque les conditions redeviennent favorables.
Chez les poissons annuels
Les embryons de certains killis vivent dans des mares temporaires dont les adultes disparaissent pendant l’assèchement. Leurs œufs persistent dans le sédiment. Selon l’espèce et les conditions, le développement peut s’interrompre à plusieurs stades souvent désignés diapause I, II et III. La diapause II, au milieu de l’embryogenèse, est particulièrement profonde chez de nombreuses espèces annuelles.
L’entrée en diapause dépend d’un programme génétique modulé par la température, l’oxygène, la lumière et des signaux maternels. Tous les embryons d’une ponte ne suivent pas nécessairement la même trajectoire; cette variabilité répartit le risque lorsque la durée de la saison sèche est imprévisible.
Distinction avec une simple quiescence
Une quiescence est une inhibition directe par une condition défavorable et cesse généralement lorsque cette contrainte disparaît. La diapause comporte au contraire des phases d’initiation, de maintien et de sortie; un changement favorable ne déclenche pas toujours une reprise immédiate. La baisse de consommation d’oxygène et de synthèse protéique est régulée, tandis que des mécanismes protègent membranes, protéines et ADN.
Des états comparables existent chez les cystes d’Artémia. Ils ne sont toutefois pas identiques dans toutes les lignées: le stade concerné, les signaux d’entrée et la profondeur de la dépression métabolique varient selon l’organisme.
