Eau blanche
Une eau blanche est, en limnologie tropicale, un cours d’eau chargé de sédiments minéraux fins qui lui donnent une teinte beige, ocre ou brun clair et une forte turbidité. Le terme est notamment employé pour l’Amazone et plusieurs de ses affluents alimentés par l’érosion des Andes. Il décrit un type hydrochimique et sédimentaire, non une eau réellement blanche.
Origine et fonctionnement
Les particules transportées comprennent surtout des argiles et des limons maintenus en suspension. Leur abondance varie avec le débit, les crues, l’érosion du bassin versant, le stockage temporaire dans les plaines inondables et la remise en mouvement des dépôts. Dans l’Amazone, la concentration et le flux de sédiments ne suivent donc pas mécaniquement le débit à chaque instant.
Ces eaux sont souvent plus riches en ions dissous et en éléments nutritifs que les « eaux noires » issues de bassins très lessivés, mais la couleur seule ne permet pas d’en déduire la fertilité ou la qualité écologique. La classification dépend de l’origine géologique, de la charge particulaire et de la chimie de l’eau. Une eau rendue laiteuse par des carbonates, une prolifération planctonique ou une pollution n’appartient pas nécessairement à ce type fluvial.