Eau blanche
Une eau blanche est un type d’eau fluviale tropicale chargé de particules minérales fines. Dans le bassin amazonien, le terme désigne notamment les eaux de l’Amazone et de plusieurs affluents dont les bassins drainent les Andes. Leur teinte beige, ocre ou brun clair et leur faible transparence proviennent surtout des sédiments transportés. « Blanche » ne signifie donc ni incolore ni laiteuse au sens courant.
Une signature du bassin versant
L’érosion libère des argiles et des limons que les cours d’eau transportent en suspension. La géologie, le relief, les sols et les apports des affluents déterminent ensemble cette charge. Les eaux blanches amazoniennes sont souvent davantage minéralisées que les eaux noires issues de bassins très lessivés. Cette comparaison régionale ne fournit toutefois ni une valeur universelle de pH ni un seuil unique de conductivité.
La classification combine l’origine des eaux, leur chimie et leurs propriétés optiques. Une photographie ou une mesure de turbidité isolée ne permet pas de reconnaître sûrement le type hydrochimique. Une prolifération planctonique, des précipités de carbonate ou un rejet polluant peuvent aussi modifier la couleur d’une eau sans en faire une eau blanche amazonienne.
Sédiments, débit et plaines inondables
La concentration de particules est une quantité par volume ; le flux sédimentaire dépend aussi du débit. Ces deux mesures ne décrivent pas la même chose. Leur évolution varie au cours de l’année, notamment parce que les sédiments peuvent être déposés puis remis en mouvement dans le lit et les plaines inondables. Une hausse du débit ne s’accompagne donc pas nécessairement d’une hausse proportionnelle de la concentration.
Ces dépôts participent au fonctionnement des milieux riverains et inondables. Leur présence ne prouve cependant pas que toute eau blanche est fertile, bien oxygénée ou adaptée à une espèce donnée. La température, l’oxygène dissous, les ions et les éventuels contaminants doivent être appréciés séparément. Les valeurs mesurées à un endroit et une saison ne décrivent pas toutes les eaux du même type.