Ectothermie

L’ectothermie est une stratégie thermique dans laquelle les échanges avec l’environnement fournissent l’essentiel de la chaleur qui détermine la température corporelle. La production métabolique de chaleur existe, mais elle ne suffit généralement pas à maintenir durablement tout le corps au-dessus du milieu. La majorité des poissons sont ectothermes : leur température interne dépend fortement de celle de l’eau et des déplacements entre habitats thermiques.

Origine de la chaleur et variation de température

L’ectothermie décrit l’origine dominante de la chaleur ; la poïkilothermie décrit l’amplitude des variations de température corporelle. Un poisson ectotherme peut conserver une température assez stable dans une masse d’eau constante, sans produire la chaleur nécessaire à une régulation endotherme. À l’inverse, sa température évolue lors d’un passage entre couches d’eau ou lorsque le milieu se réchauffe et se refroidit.

Cette dépendance ne signifie pas une absence de régulation. Le choix d’une profondeur, d’une zone ombragée ou d’une arrivée d’eau permet une régulation comportementale. Les possibilités de déplacement restent toutefois limitées par l’habitat disponible, la disponibilité en oxygène, les ressources alimentaires et les autres contraintes du milieu.

Conséquences physiologiques

La température influence les réactions enzymatiques, la ventilation, les besoins en oxygène, l’alimentation et la croissance. Les réponses dépendent de l’espèce et du stade de développement ; elles ne suivent pas une augmentation indéfinie avec le réchauffement. L’acclimatation modifie certaines fonctions au cours du temps, tandis qu’une variation rapide peut dépasser les capacités d’ajustement.

Une température tolérée momentanément n’est donc pas nécessairement favorable à une croissance ou à une reproduction durables. L’origine thermique d’un poisson ne définit pas à elle seule ses limites d’élevage.

Endothermie régionale chez certains poissons

Plusieurs lignées maintiennent certains tissus plus chauds que l’eau. Les thons et des requins lamnidés retiennent une partie de la chaleur produite par l’activité musculaire grâce à des échanges vasculaires à contre-courant. Chez les marlins et l’espadon, des organes chauffants issus de muscles réchauffent la région oculaire ; leur mécanisme ne se réduit pas à la rétention de chaleur des muscles de nage.

Ces formes d’endothermie régionale concernent des tissus et des mécanismes précis. Elles n’impliquent pas un réchauffement uniforme du corps, ni une indépendance complète vis-à-vis de la température de l’eau.

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