Fertimieux
Ferti-Mieux désigne une opération française de développement agricole lancée au début des années 1990 pour réduire les risques de pollution de l’eau par les nitrates d’origine agricole. Elle reposait sur des démarches volontaires conduites dans des territoires cohérents, souvent autour d’un captage, et sur un label attribué à une action collective plutôt qu’à un produit ou à chaque exploitation.
Organisation locale
Une opération associait agriculteurs, chambres d’agriculture, agences de l’eau, collectivités et services techniques. Un diagnostic reliait les pratiques de fertilisation, les types de sols, les cultures, les écoulements et la vulnérabilité de la ressource. Le programme pouvait ensuite porter sur le calcul des besoins azotés, le fractionnement des apports, la prise en compte des effluents d’élevage, les couverts intermédiaires, le stockage ou le calendrier d’épandage.
Le label signalait la conformité de la démarche à un cahier des charges national et l’engagement des acteurs dans un programme de conseil, de suivi et d’évaluation. Il ne certifiait pas qu’une masse d’eau avait retrouvé une qualité déterminée, et ne remplaçait pas les obligations réglementaires relatives aux nitrates, aux captages ou aux installations agricoles.
Résultats et héritage
Les évaluations historiques ont rapporté des évolutions de pratiques dans plusieurs zones. L’attribution d’une amélioration de l’eau au seul programme restait cependant délicate : le transfert des nitrates vers les nappes peut être lent, les conditions météorologiques varient et d’autres politiques agissent simultanément. Ferti-Mieux constitue ainsi un exemple de gestion territoriale préventive fondée sur le conseil collectif, les indicateurs agronomiques et la coopération entre agriculture et politique de l’eau. Le nom renvoie aujourd’hui principalement à ce dispositif historique et à sa documentation, non à un régime juridique général toujours applicable.