Glande cimentaire
La glande cimentaire est un organe adhésif transitoire situé à l’extrémité antérieure de l’embryon ou de la jeune larve de nombreux anoures. Chez Xenopus laevis, elle forme un épithélium sécréteur qui produit un mucus collant permettant à l’animal de se fixer temporairement à une plante ou à un autre support avant que la nage et l’alimentation soient pleinement fonctionnelles.
Développement
La glande dérive de l’ectoderme antérieur non neural. Son territoire est spécifié pendant la gastrulation et la neurulation par l’équilibre de plusieurs signaux, notamment les voies BMP, FGF et Wnt, puis par des facteurs de transcription qui conduisent à la différenciation des cellules sécrétrices. Chez l’embryon de Xenopus, sa position très antérieure en fait un modèle expérimental de la mise en place de l’axe tête-queue.
À maturité, les cellules épithéliales présentent une organisation adaptée à la sécrétion. Le mucus libéré au contact du substrat assure une adhérence réversible, utile pendant une fenêtre brève du développement. La glande régresse ensuite et disparaît au cours de la vie larvaire.
Distinction anatomique
Le même nom vernaculaire peut désigner des organes adhésifs non homologues dans différents groupes. La glande cimentaire des amphibiens n’est pas équivalente aux glandes adhésives de certains poissons larvaires ni aux glandes produisant un ciment permanent chez des invertébrés.
La glande adhésive décrite chez les larves de poissons constitue donc une analogie fonctionnelle : les deux structures facilitent la fixation, mais leur origine embryologique, leur architecture et leur histoire évolutive diffèrent.