Goodeidae
Les Goodeidae, ou goodéidés, sont une famille de poissons d’eau douce de l’ordre des Cyprinodontiformes. Ils comprennent deux ensembles reproducteurs distincts : les Goodeinae, principalement mexicains et vivipares, et les Empetrichthyinae du sud-ouest des États-Unis, ovipares. La naissance de jeunes vivants caractérise les Goodeinae, sans être commune à tous les membres de la famille.
Viviparité et nutrition des embryons
Chez les Goodeinae, la fécondation est interne et le développement embryonnaire se poursuit dans l’ovaire maternel. La nutrition peut associer les réserves vitellines initiales à des apports maternels pendant la gestation. Les trophotaenies sont des prolongements de l’intestin postérieur des embryons, impliqués dans l’absorption de substances présentes dans le milieu ovarien.
Hollenberg et Wourms ont comparé l’épithélium des trophotaenies de quatre espèces. Chez Alloophorus robustus, Zoogoneticus quitzeoensis et Ilyodon furcidens, les cellules ont absorbé par endocytose une protéine utilisée comme traceur. Celles de Goodea atripinnis n’ont pas incorporé ce traceur, malgré une organisation compatible avec des échanges nutritifs. La hauteur des cellules, leur bordure absorbante et leurs espaces intercellulaires différaient également. Le transfert maternel ne repose donc pas sur un dispositif strictement identique chez toutes les espèces étudiées.
La comparaison avec un placenta exprime une analogie de fonction : l’embryon reçoit des ressources de sa mère. Elle ne signifie pas que les trophotaenies seraient homologues au placenta des mammifères. Viviparité, fécondation interne et degré de nutrition maternelle décrivent également des propriétés différentes.
Une famille qui comprend aussi des poissons ovipares
Les Empetrichthyinae comprennent les genres Crenichthys et Empetrichthys. Leur présence dans la famille explique pourquoi une définition limitée aux poissons vivipares mexicains serait incomplète. Les comparaisons entre espèces doivent distinguer cette sous-famille des Goodeinae, plutôt que transformer le mode reproducteur d’un sous-groupe en critère familial absolu.
La phylogénie fondée sur le cytochrome b publiée par Doadrio et Domínguez a examiné les relations entre lignées de goodéidés et l’évolution de leurs caractères reproducteurs. Elle souligne notamment que les formes des trophotaenies ne suivent pas toutes une progression simple : des ressemblances peuvent apparaître dans des lignées différentes. Un caractère embryonnaire isolé ne suffit donc pas à reconstruire la parenté.
Les Fundulidae appartiennent également aux Cyprinodontiformes, mais constituent une famille distincte. La proximité taxonomique entre ces familles ne suffit pas à leur attribuer les mêmes caractères reproducteurs.