Huître triploïde
Une huître triploïde possède trois jeux de chromosomes au lieu des deux jeux de l’huître diploïde. Cette ploïdie est utilisée en ostréiculture parce qu’elle réduit généralement le développement des gonades et l’effort consacré à la reproduction, sans rendre nécessairement chaque individu totalement stérile.
Production des triploïdes
Les premiers procédés appliquaient un choc physique ou chimique à des œufs fécondés afin d’empêcher l’expulsion d’un globule polaire. Leur rendement pouvait varier et produire des lots mêlant plusieurs ploïdies. La méthode devenue courante croise une huître tétraploïde avec une huître diploïde ; les gamètes apportent alors respectivement deux et un jeux de chromosomes, ce qui donne une descendance triploïde plus régulière.
La conchyliculture utilise notamment cette technique chez l’huître creuse du Pacifique. Les lots sont contrôlés par cytométrie en flux ou par une autre mesure du contenu en ADN, car l’apparence externe ne permet pas d’établir la ploïdie.
Performances et limites
Une allocation réduite à la gamétogenèse peut maintenir davantage de croissance et de qualité de chair pendant la saison de reproduction. L’avantage moyen dépend toutefois de l’espèce, du stock génétique, de l’âge, de la température, de l’alimentation et du site. La triploïdie n’empêche ni les maladies ni les mortalités liées aux fortes températures, et elle ne garantit pas une croissance supérieure dans toutes les conditions.
Les triploïdes proviennent d’écloseries spécialisées et leur production dépend du maintien de lignées tétraploïdes. Leur faible fertilité réduit le flux génétique sans constituer une barrière absolue ; les évaluations environnementales doivent donc rester adaptées au contexte local.