Leucisme
Le leucisme est un phénotype de coloration caractérisé par une réduction partielle ou étendue des pigments ou des cellules pigmentaires, souvent avec des yeux normalement colorés. Chez les poissons, l’aspect dépend des chromatophores concernés : mélanophores noirs, xanthophores jaunes, érythrophores rouges, iridophores réfléchissants ou leucophores blancs. Le terme décrit donc une apparence, pas un mécanisme génétique unique.
Distinction avec l’albinisme
L’albinisme correspond à une production absente ou fortement diminuée de mélanine et peut affecter la pigmentation de l’iris et de l’épithélium pigmentaire rétinien. Le leucisme est souvent réservé aux défauts de différenciation, de migration, de maintien ou de répartition des cellules pigmentaires, avec conservation de la couleur des yeux. Cette frontière terminologique n’est toutefois pas uniforme entre publications, espèces et disciplines.
Une livrée blanche n’implique pas nécessairement une absence de pigments. Les iridophores réfléchissent la lumière grâce à des cristaux de guanine et certains leucophores produisent naturellement des plages blanches. Chez plusieurs téléostéens, les motifs adultes émergent d’interactions entre classes de chromatophores ; la perte d’une seule population cellulaire peut donc modifier indirectement les autres couleurs.
Origines et interprétation
Le phénotype peut être héréditaire, apparaître en mosaïque à la suite d’un événement du développement ou rester sans cause identifiée. Sa distribution peut être symétrique, irrégulière ou limitée à une région du corps. Une décoloration acquise après une lésion, une inflammation, une carence, une exposition chimique ou un changement durable de fond relève d’un autre mécanisme, même si son aspect paraît similaire.
L’historique d’apparition, la couleur des yeux, la stabilité du motif et l’examen des tissus permettent de restreindre les hypothèses. Une analyse génétique ou histologique distingue parfois l’absence de cellules, la perte d’un pigment et une modification de sa dispersion. Les conséquences biologiques varient selon l’espèce et le milieu : visibilité accrue, sensibilité lumineuse ou effets pléiotropes sont possibles, mais la couleur seule ne démontre ni handicap systématique ni maladie.