Leucophore

Un leucophore est un chromatophore qui donne une apparence blanche en diffusant ou en réfléchissant la lumière. Chez les poissons, ces cellules contiennent des inclusions réfringentes dont la composition et l’organisation varient entre lignées. Elles participent à la livrée normale de certaines espèces : la présence de blanc ne signifie donc pas nécessairement une absence de cellules pigmentaires ou un trouble de pigmentation.

Origine de la blancheur

La lumière rencontre dans la cellule des matériaux dont l’indice de réfraction diffère de celui du cytoplasme. Des inclusions riches en purines, notamment en acide urique dans certains leucophores, peuvent ainsi renvoyer une large gamme de longueurs d’onde. L’apparence dépend de leur taille, de leur disposition et des autres chromatophores superposés ou voisins.

Un leucophore se distingue fonctionnellement d’un mélanophore, dont la mélanine absorbe une grande partie de la lumière. Il diffère aussi d’un iridophore à plaquettes cristallines ordonnées, souvent responsable de reflets directionnels ou irisés. Ces distinctions décrivent des types cellulaires et des propriétés optiques ; elles n’imposent pas une composition universelle à toutes les cellules blanches.

Développement et diversité

Les chromatophores des vertébrés proviennent de lignées issues de la crête neurale. Leur différenciation et leurs interactions contribuent aux motifs de pigmentation. Des cellules blanches peuvent partager une partie de leur programme de développement avec d’autres catégories de chromatophores, sans que toutes les espèces produisent les mêmes cellules ou les mêmes motifs.

Chez une lignée de poissons rouges transparents, Mouri, Usa et Tokumoto ont montré en 2024 que l’inactivation de pax7b réduisait le nombre de leucophores et augmentait la transparence du corps. Le même résultat n’était pas obtenu avec l’inactivation de pax7a. Cette différence concerne le modèle étudié et ne signifie pas que Pax7 soit l’unique déterminant de toutes les cellules blanches chez les poissons.

Distinguer cellule et aspect de la livrée

L’observation d’une plage blanche ne suffit pas à identifier un leucophore. Une réflexion par d’autres tissus, la superposition de chromatophores ou une perte de pigments peuvent produire un aspect voisin. L’examen cellulaire, les caractéristiques optiques et, dans les travaux expérimentaux, les marqueurs de différenciation permettent de préciser le mécanisme. Une couleur structurale normale doit ainsi être distinguée d’une décoloration acquise ou d’un phénotype leucistique.

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