Métamorphose
La métamorphose est une transition postembryonnaire coordonnée qui remodèle plusieurs tissus et fonctions entre un stade larvaire et un stade juvénile. Chez les poissons téléostéens, elle peut être spectaculaire, comme chez les poissons plats, ou discrète, comme chez le poisson-zèbre. Elle se distingue d’une simple croissance par l’intégration de changements morphologiques, physiologiques et comportementaux durables.
Transition larve-juvénile
Au cours de la métamorphose, les nageoires, le squelette, la peau, les organes sensoriels, le tube digestif et le comportement locomoteur peuvent mûrir à des rythmes différents. L’animal acquiert progressivement l’organisation fonctionnelle du juvénile sans atteindre encore la maturité sexuelle de l’adulte. Cette transition peut aussi accompagner un changement d’alimentation ou d’habitat.
Chez les Pleuronectiformes, la larve pélagique et symétrique devient un juvénile benthique asymétrique : un œil migre vers l’autre côté de la tête, les axes du corps se réorganisent et la pigmentation se différencie entre faces oculée et aveugle. Chez d’autres téléostéens, les transformations externes sont moins visibles mais concernent néanmoins plusieurs systèmes.
Contrôle hormonal et diversité
Les hormones thyroïdiennes, principalement la thyroxine T4 et la triiodothyronine T3, coordonnent la métamorphose des téléostéens étudiés. Leur disponibilité et leur action varient selon les tissus grâce aux déiodinases et aux récepteurs hormonaux. Une même hausse hormonale produit ainsi des réponses différentes dans l’œil, la peau, le squelette ou l’intestin.
La durée, l’ordre des événements et leur amplitude sont propres à chaque espèce. La smoltification des salmonidés et les transformations des anguilles sont des transitions complexes apparentées, mais elles ne reproduisent pas le modèle du poisson plat. Le terme métamorphose décrit donc un processus intégré, pas une liste universelle de caractères externes.
