Muil
Le muil est un terme pédologique rare, surtout employé dans la littérature néerlandaise, pour une microstructure organo-minérale où la matière organique très finement divisée est intimement liée aux particules d’argile. Ce complexe argilo-humique sombre et homogène résulte en grande partie du mélange réalisé dans le tube digestif d’animaux du sol, notamment des lombriciens et des enchytréides.
Une organisation organo-minérale
Dans le muil, les débris végétaux reconnaissables ont presque disparu de la matrice fine. Les matières organiques et minérales se retrouvent associées dans des déjections coprogènes stables, de forme arrondie à elliptique. Cette liaison intime distingue le muil d’un simple mélange mécanique de terre et de litière. Il apparaît surtout dans des sols limoneux ou argileux chimiquement riches, où l’activité de la faune et des bactéries favorise l’incorporation de l’humus au matériau minéral.
Le mot ne désigne pas à lui seul toute la matière organique du sol. Il décrit une forme microscopique d’association entre argile et matière organique, caractérisée par une matrice homogène et une forte stabilité structurale. La texture, l’activité biologique et la teneur en argile conditionnent sa formation.
Distinction avec le mull
Le muil et le mull ne sont pas strictement synonymes. Le mull est une forme d’humus définie à l’échelle du profil par une litière rapidement transformée et un horizon organo-minéral à forte activité biologique. Le muil décrit plus précisément le complexe argilo-humique fin observé dans cet horizon. Une forme de mull peut donc contenir du muil, tandis que les termes renvoient à deux niveaux d’organisation différents.