Nappe phréatique
Une nappe phréatique est une nappe d’eau souterraine libre dont la limite supérieure est le niveau phréatique, surface où la pression de l’eau égale la pression atmosphérique. Elle occupe les pores ou fractures connectés d’un aquifère et n’est pas recouverte par une couche confinante continue. Sa profondeur et sa forme évoluent avec la recharge, les prélèvements et les échanges avec les eaux superficielles.
Fonctionnement
L’infiltration des précipitations, les pertes de cours d’eau et les transferts entre aquifères alimentent la nappe. L’eau circule dans les matériaux perméables sous l’effet des gradients de charge hydraulique et rejoint des sources, des rivières, des zones humides, le littoral ou des ouvrages de prélèvement. Une rivière peut recevoir de l’eau souterraine en période normale puis alimenter temporairement la nappe lorsque son niveau s’élève.
Le niveau monte lorsque la recharge dépasse les sorties et baisse pendant les périodes sèches, le drainage ou les pompages. L’amplitude et le délai de réponse dépendent de la porosité, de la conductivité hydraulique, de l’épaisseur non saturée et de la connexion aux eaux de surface. Une nappe peu profonde peut réagir rapidement à une pluie, alors qu’un système épais ou peu transmissif présente une réponse amortie.
Limites et distinction avec une nappe captive
La nappe phréatique est souvent la première nappe libre rencontrée depuis le sol, mais cette position n’est pas absolue : une nappe perchée peut se former localement au-dessus d’un niveau peu perméable. Dans une nappe captive, l’eau est confinée sous une couche peu perméable et le niveau atteint dans un forage représente une charge de pression qui peut dépasser le toit de l’aquifère. Cette surface piézométrique n’est pas un niveau phréatique.
Le niveau phréatique ne coïncide pas toujours exactement avec le sommet de toute zone saturée. Des lentilles saturées suspendues peuvent exister au-dessus et de petites zones non saturées peuvent subsister sous la surface de pression à cause des effets capillaires et de l’hétérogénéité du milieu. Les cartes reposent sur des niveaux d’eau mesurés dans des ouvrages comparables et rattachés à un même référentiel altimétrique ; elles représentent donc un état daté du système.