Neige marine
La neige marine désigne les agrégats de matière organique et minérale en suspension ou en descente dans l’océan. Ces particules hétérogènes évoquent des flocons lorsqu’elles sont éclairées sous l’eau. Elles réunissent notamment des cellules de plancton, des débris, du mucus, des pelotes fécales et des grains minéraux, plutôt qu’une substance unique.
Des agrégats qui se forment et se transforment
Les mouvements de l’eau provoquent des rencontres entre particules. Des substances polymériques collantes, produites notamment par les organismes planctoniques, favorisent leur adhésion. La neige marine se distingue ainsi des seules particules individuelles et de la matière organique dissoute, même si des échanges relient ces différentes fractions.
Taille, densité, porosité et contenu minéral influencent le devenir d’un agrégat. La descente ne correspond pas à une chute rigide de matériau intact : les flocons peuvent se fragmenter, rencontrer d’autres particules ou être consommés. Leur aspect et leur composition changent au cours de ce trajet.
Une ressource dans la colonne d’eau
Des microorganismes colonisent les agrégats et utilisent leur matière organique. Des animaux planctoniques les consomment également ou les fragmentent. Une partie du carbone est ainsi transformée en carbone inorganique dissous avant que les particules n’atteignent les eaux les plus profondes ou le fond.
Les apports particulaires participent à l’alimentation des organismes profonds, notamment dans l’étage bathypélagique. Leur quantité et leur qualité varient avec la production de surface, les communautés biologiques et les transformations subies pendant la descente.
Exporter du carbone ne signifie pas tout enfouir
Le transport de matière vers la profondeur contribue à la pompe biologique du carbone. Une particule qui quitte les couches superficielles n’est pourtant pas nécessairement enfouie durablement dans les sédiments. Elle peut être reminéralisée à différentes profondeurs, avec des durées de retour du carbone vers la surface variables.
Mesurer un flux de neige marine dans une couche d’eau et quantifier un stockage à long terme répondent donc à deux questions différentes. Le flux n’est ni constant dans le temps ni uniforme d’un secteur océanique à l’autre.