Omnivore
Un omnivore consomme des ressources appartenant à plusieurs niveaux trophiques et en assimile une part significative, notamment des producteurs primaires et des animaux. Cette catégorie décrit un régime observé sur une échelle temporelle donnée. Elle ne signifie ni que toutes les ressources sont acceptées, ni qu’elles sont consommées en proportions égales, ni que les besoins nutritionnels sont identiques entre espèces omnivores.
Variabilité du régime
Chez les poissons, l’omnivorie peut associer plantes, algues, phytoplancton, détritus, invertébrés et poissons. La contribution de chaque ressource varie avec la morphologie buccale, les capacités de recherche et de capture, la taille corporelle, le stade ontogénétique, la saison et la disponibilité locale. Un poisson peut donc sélectionner fortement quelques aliments tout en exploitant plusieurs niveaux trophiques sur l’ensemble de l’année.
L’omnivorie peut être simultanée lorsque les différentes ressources sont consommées pendant une même période, ou séquentielle lorsqu’un changement de taille ou de saison déplace le régime. Elle confère parfois une flexibilité face aux fluctuations de nourriture, sans garantir une croissance équivalente sur toutes les ressources. Les protéines, lipides, glucides, fibres et micronutriments n’ont ni la même digestibilité ni la même valeur énergétique.
Anatomie et preuve du régime
La longueur intestinale, l’activité des enzymes digestives, les dents pharyngiennes, le microbiote et le comportement alimentaire reflètent des adaptations et des compromis. Aucun de ces caractères ne constitue à lui seul une preuve : un poisson classé omnivore par ses contenus digestifs peut conserver une physiologie digestive plus efficace pour les proies animales, et des particules végétales ingérées peuvent traverser l’intestin sans être fortement assimilées.
Les contenus digestifs renseignent sur l’ingestion récente, tandis que les isotopes stables ou certains profils biochimiques décrivent davantage l’assimilation. La présence d’un aliment formulé dans l’estomac d’un poisson captif indique son acceptation dans ces conditions, non son importance dans le milieu naturel. À l’échelle des réseaux trophiques, un omnivore relie plusieurs niveaux et peut modifier la force des interactions entre producteurs, consommateurs et prédateurs.