Ostéoclaste
Un ostéoclaste est une cellule spécialisée dans la résorption de l’os. Il appartient à une lignée hématopoïétique apparentée aux macrophages. Les grands ostéoclastes multinucléés, fréquents chez les mammifères, résultent de la fusion de précurseurs. Chez les poissons téléostéens, de petites cellules mononucléées peuvent aussi assurer la résorption : le nombre de noyaux ne définit donc pas à lui seul cette fonction.
Dégrader la matrice osseuse
La résorption associe la dissolution de la phase minérale et la dégradation de la matrice organique. Dans le modèle classique de l’ostéoclaste multinucléé, la cellule adhère à l’os, délimite un compartiment et y apporte des protons et des enzymes. Sa bordure plissée augmente la surface membranaire impliquée dans cette activité.
Ce modèle n’est pas universel. Witten et Huysseune décrivent chez les téléostéens des ostéoclastes mononucléés assurant une résorption relativement lisse, non lacunaire, en complément ou à la place des grandes cellules multinucléées. Une surface dépourvue de lacune profonde ne prouve donc pas l’absence de résorption osseuse.
Remodelage et diversité chez les poissons
La résorption participe au développement, à la croissance, à l’adaptation mécanique, à la réparation et à l’homéostasie minérale. Elle est coordonnée avec la formation de matrice par les ostéoblastes, mais les deux activités ne se déroulent pas nécessairement au même instant ni au même endroit.
La diversité des téléostéens concerne aussi la présence d’ostéocytes et l’organisation de la moelle osseuse. Le remodelage d’un os anostéocytique ne se déduit pas directement du modèle mammalien. La lignée, la région du squelette et le stade de développement contribuent à expliquer les différences observées.
Un ostéoclaste est ainsi défini par sa différenciation et sa fonction de résorption, plutôt que par une seule apparence histologique. Une augmentation de leur activité peut modifier l’architecture osseuse, mais la résorption n’est pas en elle-même une maladie.