Paupière
Une paupière est un repli tissulaire associé au bord de l’œil qui peut couvrir ou protéger une partie de sa surface. Chez les poissons, le mot regroupe des structures différentes et ne suppose pas l’existence d’un clignement comparable à celui des mammifères. Il faut distinguer les paupières mobiles de certains requins, les replis adipeux souvent immobiles de plusieurs téléostéens et les simples bords cutanés de l’orbite.
Diversité anatomique
Chez de nombreux poissons osseux, l’œil reste exposé et aucune paupière mobile ne le ferme. Certaines espèces, comme le chano Chanos chanos ou plusieurs mugilidés, possèdent une paupière adipeuse translucide qui recouvre une partie ou presque toute la surface oculaire tout en laissant une zone optique. Cette structure est formée de couches spécialisées ; malgré son nom, elle n’est généralement pas actionnée comme une paupière de mammifère.
Chez certains Carcharhiniformes, la paupière nictitante dérive de la paupière inférieure et peut être élevée sur l’œil. Elle protège notamment la surface oculaire contre l’abrasion lors de contacts. Tous les requins n’en possèdent pas : d’autres lignées utilisent une rotation ou une rétraction de l’œil. « Paupière », « paupière adipeuse » et « membrane nictitante » ne sont donc pas interchangeables.
Description et identification
La position dorsale, ventrale, antérieure ou postérieure du repli, sa mobilité, sa transparence, sa vascularisation et la portion de l’œil couverte distinguent ces structures. Leur forme varie avec l’espèce et la taille de l’animal. Sur un spécimen conservé, déformation, opacification et rétraction des tissus peuvent modifier leur aspect.
Ces structures fournissent des caractères utiles à l’identification, mais une paupière apparente ne suffit pas à déterminer une espèce. Chez l’animal vivant, un examen visuel non traumatique préserve la cornée ; provoquer un contact pour déclencher un mécanisme protecteur exposerait inutilement l’œil à une lésion.