Phénotype dommageable
Un phénotype dommageable est une expression phénotypique qui cause ou est susceptible de causer une douleur, une souffrance, une angoisse ou un dommage durable au-delà du seuil protégé par la directive 2010/63/UE. La notion concerne particulièrement la création et le maintien de lignées génétiquement altérées. Elle ne désigne pas toute différence visible par rapport à un type sauvage.
Identification du dommage
Un changement morphologique, physiologique ou comportemental devient pertinent pour le bien-être lorsqu’il altère l’état ou les capacités de l’animal. L’évaluation porte notamment sur le développement, la croissance, l’état corporel, l’alimentation, la locomotion, les interactions sociales, la reproduction, la survie et les fonctions physiologiques. Une apparence extérieure normale n’exclut pas une atteinte métabolique, sensorielle ou comportementale.
Chez le poisson zèbre et d’autres poissons, la surveillance peut intégrer la nage, la posture, la flottabilité, la ventilation, la prise alimentaire, la coloration, l’intégrité des nageoires, la réponse aux stimuli et la place dans le groupe. Ces signes dépendent aussi de l’eau, de la densité, du stade de développement et du contexte d’observation. Leur interprétation repose donc sur des comparaisons adaptées et non sur un signe isolé.
Incertitude et suivi des lignées
Lors de la création d’une lignée par génie génétique, les effets de l’altération peuvent être incomplets ou inconnus. Une appréciation prospective identifie alors les risques plausibles à partir du gène, du mécanisme, du fond génétique et des données disponibles. La descendance fait ensuite l’objet d’une observation structurée afin de confirmer, réviser ou écarter ces hypothèses.
Une grille d’évaluation du bien-être associe les observations à une fréquence de contrôle et à des mesures définies. Les effets peuvent varier avec le génotype, l’âge, le sexe, l’environnement et l’état sanitaire. La documentation de cette variabilité permet de distinguer une caractéristique attendue de la lignée d’une atteinte nécessitant un raffinement, une prise en charge ou l’application d’un point limite.
La qualification de phénotype dommageable a des conséquences sur le statut réglementaire de la lignée et sur les conditions de sa production et de son maintien. Elle repose sur les effets pour les animaux, et non sur l’intérêt scientifique ou la nouveauté de l’altération génétique.