Génie génétique
Le génie génétique regroupe les techniques de laboratoire qui modifient directement l’ADN d’une cellule ou d’un organisme. Il comprend notamment l’assemblage d’ADN recombinant, le transfert d’une séquence, l’inactivation d’un gène et l’édition ciblée d’un ou plusieurs nucléotides. La modification obtenue peut rester limitée à des cellules somatiques ou devenir héréditaire lorsqu’elle atteint la lignée germinale.
Méthodes et applications
Les méthodes historiques associent des enzymes de restriction, des ligases et des vecteurs plasmidiques ou viraux pour construire puis introduire un ADN recombinant. La transgenèse ajoute une séquence, tandis que les nucléases programmables, dont les systèmes CRISPR-Cas, provoquent une coupure ciblée. La réparation cellulaire de cette coupure peut produire une petite insertion ou délétion, supprimer une région, ou incorporer une séquence fournie comme matrice.
Chez le poisson-zèbre, des modifications CRISPR-Cas9 ont été obtenues dès 2013 et transmises à la descendance. Ces modèles relient une séquence à une fonction au moyen de lignées mutantes, mais un phénotype observé chez les animaux injectés peut aussi dépendre du mosaïcisme ou de modifications hors cible. Le séquençage du site visé, l’étude de plusieurs allèles indépendants et l’analyse de la descendance distinguent ces effets de celui du gène étudié.
Distinctions et encadrement
Le génie génétique diffère de la sélection, qui modifie les fréquences de variations héréditaires déjà présentes ou apparues spontanément, et du génotypage, qui caractérise un génotype sans le transformer. L’édition du génome est une partie du génie génétique ; elle ne suppose pas nécessairement l’introduction durable d’ADN provenant d’une autre espèce.
Dans l’Union européenne, la directive 2001/18/CE définit un organisme génétiquement modifié selon la manière dont son matériel génétique a été modifié et prévoit une évaluation au cas par cas avant une dissémination volontaire. Le statut réglementaire dépend donc de la technique, de l’organisme, de l’usage et du territoire. Pour un poisson susceptible de survivre ou de se reproduire hors confinement, les questions écologiques incluent aussi la dispersion, le transfert du caractère et ses effets sur les populations sauvages.