Pholidae
Les Pholidae sont une famille de petits poissons marins allongés, appelés sigouines ou gunnels. Ils vivent principalement dans les eaux tempérées à subarctiques du Pacifique Nord et de l’Atlantique Nord. Leur corps comprimé et flexible leur permet de circuler sous les pierres, parmi les algues et dans les fissures de la zone intertidale.
Morphologie et classification
Le corps est rubané ou anguilliforme, couvert de petites écailles et entouré d’une couche de mucus. La longue nageoire dorsale porte de nombreuses épines courtes ; la nageoire anale est également allongée. Les nageoires pectorales sont petites ou absentes selon les genres, tandis que les pelviennes sont très réduites. Cette combinaison distingue les Pholidae des anguilles véritables et des Zoarcidae malgré une silhouette convergente.
La classification courante d’Eschmeyer place les Pholidae dans les Cottoidei et reconnaît les sous-familles Pholinae et Apodichthyinae. Les études morphologiques et génétiques ont examiné les relations entre Pholis, Rhodymenichthys, Apodichthys et des genres voisins. L’ostéologie révèle notamment des structures vertébrales abdominales particulières et une variation du squelette caudal utile à la phylogénie.
Vie littorale
Les sigouines occupent les estrans rocheux, les herbiers d’algues et les faibles profondeurs côtières. À marée basse, certaines restent sous des pierres ou dans des cuvettes, où leur peau humide et leur mucus limitent temporairement la dessiccation. Elles ne sont toutefois pas des poissons terrestres : leurs branchies et leur équilibre hydrique restent adaptés au milieu marin.
Le régime comprend de petits crustacés, des polychètes, des mollusques et parfois des œufs de poissons. Les œufs démersaux sont déposés en amas dans un abri ; chez les espèces étudiées, un adulte garde ou ventile la ponte. Les larves gagnent ensuite le plancton avant de revenir vers les habitats côtiers. Température, végétation et disponibilité des refuges structurent la répartition locale.
« Sigouine » est un nom régional qui peut être appliqué à plusieurs espèces. Le nombre des nageoires, leur réduction, la coloration, les vertèbres et l’aire géographique séparent les taxons, dont certains sont difficiles à distinguer extérieurement.