Phycotoxines
Les phycotoxines sont des substances toxiques produites par certaines microalgues. Le terme peut parfois inclure, dans un usage élargi, des toxines de cyanobactéries, plus précisément appelées cyanotoxines. Il désigne un ensemble de composés de natures et d’effets différents, et non une molécule unique. Leur présence ne se déduit ni de la couleur de l’eau, ni de la seule abondance du phytoplancton.
Producteurs et présence dans le milieu
Des dinoflagellés et des diatomées figurent parmi les producteurs marins. Toutes les espèces de ces groupes ne sont pas toxiques, et des différences existent également entre souches. L’identification d’un organisme fournit donc une information sur un producteur possible, plutôt qu’une mesure directe de la quantité de toxine présente.
Des toxines peuvent être contenues dans les cellules ou se retrouver dans le milieu environnant, notamment après leur rupture. Une détection dans l’eau ne démontre pas à elle seule une sécrétion active. Les cyanobactéries correspondent à un autre groupe biologique, dont les toxines ont leurs propres classifications ; l’emploi large du mot phycotoxine ne doit pas effacer cette distinction.
Une efflorescence décrit une prolifération d’organismes. Elle peut être dommageable sans produire de toxines, par exemple en perturbant les conditions du milieu. À l’inverse, un risque toxinique peut exister sans manifestation visuelle spectaculaire. « Efflorescence nuisible » et « présence de phycotoxines » ne recouvrent donc pas exactement le même phénomène.
Transfert dans les réseaux trophiques
Les substances peuvent passer des producteurs aux organismes qui les consomment. Les bivalves filtreurs peuvent accumuler certaines toxines, avec des conséquences différentes de celles observées chez leurs consommateurs. Des poissons et des crustacés peuvent également intervenir dans les transferts alimentaires selon la toxine et le réseau trophique considéré.
La présence d’une toxine dans un organisme ne se résume pas à sa présence dans l’eau au même instant. L’accumulation et l’élimination dépendent du composé et de l’organisme. Un prélèvement environnemental et une analyse de produit alimentaire répondent ainsi à des questions complémentaires.
Familles et vocabulaire sanitaire
Les sigles PSP, DSP et ASP désignent historiquement des syndromes d’intoxication associés aux produits marins : paralysant, diarrhéique et amnésiant. Ils ne sont pas des noms de molécules. Les groupes concernés comprennent notamment les saxitoxines, l’acide okadaïque et ses analogues, et l’acide domoïque. Les ciguatoxines et les brévétoxines appartiennent à d’autres ensembles.
Une famille peut réunir plusieurs analogues. Leur identification analytique et leur importance toxicologique ne sont pas nécessairement identiques. De même, l’expression « biotoxines marines » peut englober des substances d’origine animale ou d’autres toxines : elle est plus large que les seules toxines de microalgues.
Surveillance et interprétation
L’identification du phytoplancton et la mesure des toxines apportent des informations distinctes. Le nombre de cellules d’un taxon ne prédit pas automatiquement la contamination d’un produit. La nature des composés recherchés, la matrice analysée et les caractéristiques de la méthode déterminent la portée d’un résultat.
Une analyse négative signifie que les substances recherchées n’ont pas été mises en évidence dans les conditions du contrôle ; elle ne garantit pas l’absence de toutes les substances toxiques possibles. Les décisions sanitaires reposent sur les méthodes, les programmes de surveillance et les règles applicables, dont les limites ne se déduisent pas d’une définition générale. La notion de phycotoxine sert ainsi à préciser l’origine et la nature du danger sans confondre producteur, exposition et effet.