Plaie
Une plaie est une rupture de la continuité d’un tissu de revêtement, avec ou sans atteinte des tissus sous-jacents. Chez un poisson, elle peut toucher le mucus, l’épiderme, le derme, les écailles, les nageoires ou les muscles. La perte de cette barrière expose les tissus à l’eau et augmente leur vulnérabilité aux agents infectieux et aux déséquilibres osmotiques.
Origines et évaluation
Traumatisme, morsure, matériel abrasif, manipulation, parasite, brûlure chimique et infection peuvent produire des lésions d’aspect voisin. Une ulcération infectieuse peut aussi ressembler à une plaie traumatique secondairement colonisée. La localisation, la profondeur, l’étendue, l’ancienneté, la perte d’écailles, la nécrose, l’exsudat et l’état général orientent l’évaluation. Des raclages, une cytologie, une culture ou une biopsie distinguent certaines causes lorsque l’examen visuel reste insuffisant.
Cicatrisation
La réparation cutanée des téléostéens associe quatre phénomènes qui se chevauchent : réépithélialisation, inflammation, formation d’un tissu de granulation et remodelage. Les kératocytes migrent rapidement depuis les bords et les poches des écailles pour recouvrir la surface. Les lésions profondes cicatrisent plus lentement que les pertes superficielles de mucus ou d’épiderme, car elles impliquent aussi le derme, les vaisseaux et parfois le muscle. Une réparation fibreuse peut remplacer une partie du muscle lésé.
La vitesse et la qualité de la cicatrisation dépendent de l’espèce, de la profondeur, de la température, de l’oxygénation, de la nutrition, du stress et de la charge microbienne. Une eau irritante, une densité élevée ou des traumatismes répétés entretiennent l’inflammation et favorisent l’extension de la lésion.
Prise en charge
Une plaie n’est pas synonyme d’infection, mais la rupture de la barrière cutanée en augmente le risque. La prise en charge associe le contrôle de la cause et de l’environnement, la limitation des manipulations, ainsi que des soins locaux ou systémiques adaptés à la profondeur et au diagnostic. Les antiseptiques, anesthésiques et antibiotiques présentent des marges de sécurité variables selon l’espèce, la température et la qualité de l’eau ; leur emploi vétérinaire tient aussi compte des délais d’attente et de la réglementation des animaux destinés à la consommation.

