Plateau continental
En géomorphologie, le plateau continental est le prolongement immergé, généralement peu incliné, d’un continent. Il s’étend de la côte jusqu’à la rupture de pente qui marque le passage vers le talus continental. Avec le talus et le glacis, il appartient à la marge continentale. Sa largeur varie de quelques kilomètres à plusieurs centaines de kilomètres selon l’histoire tectonique, les apports sédimentaires et les variations anciennes du niveau marin.
Un milieu marin productif
La bordure du plateau se rencontre souvent vers 200 mètres de profondeur, mais cette valeur est un ordre de grandeur et non une limite universelle. La lumière atteint une part importante des eaux peu profondes, tandis que les apports côtiers et le brassage peuvent fournir des nutriments. De nombreux plateaux abritent ainsi des habitats benthiques, des zones de nourricerie et des ressources halieutiques importantes. Leur fonctionnement dépend toutefois de la latitude, des courants, du type de fond, de la turbidité et des remontées d’eaux profondes.
Les sédiments y enregistrent les apports des fleuves, l’érosion côtière et les fluctuations du niveau de la mer. Lors des périodes glaciaires, une partie du plateau pouvait être émergée ; la transgression marine l’a ensuite recouverte. Des canyons sous-marins peuvent entailler le plateau et transférer sédiments et matière organique vers les profondeurs.
Sens juridique
Le plateau continental au sens du droit de la mer n’est pas défini par la seule rupture de pente. L’article 76 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer le décrit comme le fond et le sous-sol marins prolongeant le territoire d’un État côtier, avec des règles de distance et de délimitation précises. Cette notion juridique concerne des droits souverains sur les ressources du fond et du sous-sol ; elle ne modifie pas le statut des eaux situées au-dessus.