Polymorphe
En génétique des populations, un locus est polymorphe lorsque plusieurs états alléliques y coexistent dans la population considérée. Le qualificatif porte sur une variation observée à ce locus, et non sur une différence entre espèces. Il ne précise à lui seul ni la fréquence des variants, ni leur effet biologique, ni les processus qui les maintiennent.
Un qualificatif relatif à une population
Un même locus peut être polymorphe dans une population et monomorphe dans une autre. La qualification dépend donc du groupe étudié et de l’échantillon disponible. Elle ne signifie pas que chaque individu possède plusieurs copies différentes : un individu homozygote peut appartenir à une population polymorphe. La diversité au niveau de la population et le génotype individuel sont deux informations distinctes.
Le nombre d’allèles observés dépend aussi de l’effectif et de la méthode. Un variant peu fréquent peut échapper à un petit échantillon ; un résultat monomorphe ne démontre donc pas nécessairement l’absence de variation dans toute la population. À l’inverse, des erreurs de lecture ou de génotypage peuvent créer une variation apparente.
Des conventions de fréquence différentes
Dans l’usage historique, des seuils de fréquence ont servi à distinguer polymorphismes et variants rares. Le seuil de 1 % est notamment fréquent dans les définitions classiques. D’autres usages appellent polymorphe un site présentant plusieurs états observés, sans imposer ce seuil. Le sens dépend ainsi de la convention retenue ; la fréquence minimale utilisée dans une analyse est une information supplémentaire.
Portée biologique
La coexistence d’allèles ne démontre ni adaptation ni sélection. Mutation, échanges entre populations et dérive peuvent aussi contribuer à la variation. De même, un variant fréquent n’est pas nécessairement sans effet, et un variant rare n’est pas nécessairement défavorable.
Le mot possède aussi un usage morphologique : une population peut présenter plusieurs formes visibles. Ce second sens ne prouve pas que le caractère dépend d’allèles différents. La précision du caractère et de la population évite de confondre diversité génétique, diversité de forme et variation entre individus.