Polymorphisme larvaire
Le polymorphisme larvaire désigne la coexistence, au sein d’une même espèce, de plusieurs formes larvaires distinctes par leur morphologie, leur comportement ou leur trajectoire de développement. Chez les amphibiens, ces formes peuvent différer par l’appareil buccal, la musculature, le régime alimentaire, la vitesse de croissance ou la propension à accomplir la métamorphose.
Origine des morphes
Les différences peuvent reposer sur des variants génétiques, sur la plasticité phénotypique, ou sur leur interaction. La densité, la durée probable de la mare, la disponibilité des proies et la présence de congénères peuvent orienter le développement. Chez certains têtards et larves de salamandres, un morphe à tête large et dentition renforcée exploite des proies animales, tandis qu’un autre conserve une alimentation plus généraliste.
Le terme polymorphisme décrit le constat de formes multiples. Lorsque l’environnement déclenche des phénotypes discontinus à partir d’un même génotype, « polyphénisme » est plus précis. La pédomorphose facultative représente un autre type d’alternative développementale : certains individus se reproduisent avec une morphologie larvaire tandis que d’autres accomplissent la métamorphose.
Portée écologique
Les morphes peuvent réduire la compétition en exploitant des ressources différentes, mais leurs avantages dépendent du milieu. Ils ne correspondent pas nécessairement à des espèces distinctes ni à des anomalies. Leur identification demande de comparer des individus de même stade et d’examiner les conditions d’élevage ou d’habitat.