Prévalence réelle

La prévalence réelle est la proportion d’unités effectivement infectées ou atteintes dans une population définie et à une période donnée. L’état véritable étant rarement observable sans erreur, cette grandeur demeure le plus souvent une estimation corrigée à partir de résultats de tests, de leur sensibilité et de leur spécificité diagnostiques.

Estimation

Pour un test binaire unique, l’estimateur de Rogan-Gladen s’écrit P = (PA + Sp − 1) / (Se + Sp − 1), où PA est la prévalence apparente, Se la sensibilité et Sp la spécificité diagnostique. Cette correction n’est informative que si Se + Sp dépasse 1 et si les performances correspondent aux conditions réelles d’utilisation. Une valeur corrigée légèrement inférieure à 0 ou supérieure à 1 signale une incompatibilité entre les estimations et se traite par une méthode statistique adaptée, non comme une proportion biologique littérale.

La sensibilité varie notamment avec le stade de l’infection, le tissu prélevé, la charge de l’agent et le groupage des échantillons. La spécificité peut varier avec les réactions croisées et la population étudiée. Lorsque leurs valeurs proviennent d’une autre situation ou d’un standard de référence imparfait, l’estimation de prévalence hérite de ce biais et de cette incertitude. Les modèles bayésiens ou à classes latentes permettent d’intégrer plusieurs tests et l’absence éventuelle de référence parfaite.

La représentativité de l’échantillon reste indépendante de la correction diagnostique : ajuster les erreurs d’un test ne corrige pas un recrutement ciblé ou une couverture inégale des sites. La population source, l’unité épidémiologique, la période et l’intervalle d’incertitude font donc partie intégrante de l’estimation.

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