Pristiophoridae
Les Pristiophoridae sont les requins-scies, unique famille actuelle de l’ordre des Pristiophoriformes. Ces petits à moyens requins benthiques possèdent un rostre aplati garni de denticules latéraux et une paire de longs barbillons ventraux. Malgré une convergence spectaculaire avec les poissons-scies Pristidae, leur corps fuselé et leurs fentes branchiales latérales montrent qu’ils appartiennent bien à la lignée des requins.
Rostre et identification
Le rostre porte de grands denticules de tailles alternées ainsi que de petits denticules sur sa face ventrale. Contrairement aux dents rostrales des poissons-scies, ces structures ne sont pas implantées dans de profondes alvéoles et peuvent être remplacées après leur perte. Les barbillons, absents chez les Pristidae, contiennent des fibres nerveuses compatibles avec une fonction tactile. Les ampoules de Lorenzini réparties sur la tête et le rostre participent à l’électroréception des proies enfouies ou proches du fond.
Les requins-scies ont deux nageoires dorsales dépourvues d’épine et pas de nageoire anale. Cinq ou six paires de fentes branchiales s’ouvrent sur les côtés de la tête selon le genre. Les caractères du rostre, la position des barbillons, le nombre de fentes branchiales et les proportions corporelles séparent les espèces; le simple aspect « en scie » ne permet pas une identification fiable.
Écologie et reproduction
Les espèces actuelles appartiennent principalement à Pristiophorus et Pliotrema. Elles vivent surtout sur le plateau continental et le talus, sur des fonds meubles de l’Atlantique occidental, de l’océan Indien et de l’Indo-Pacifique. Leur régime comprend des petits poissons et des invertébrés benthiques. Le rostre détecte puis déloge ou frappe les proies, tandis que les barbillons renseignent sur le contact avec le substrat.
La reproduction est vivipare aplacentaire: les embryons sont nourris par leurs réserves vitellines et naissent formés. Leurs denticules rostraux en développement restent recouverts de tissu avant la naissance. Les données démographiques restent limitées pour plusieurs espèces profondes, ce qui impose de distinguer absence d’observation et absence réelle.