Rediploïdisation
La rediploïdisation est le processus évolutif par lequel un génome issu d’une duplication complète retrouve progressivement une organisation et une transmission qui se comportent comme celles d’un diploïde. Elle ne supprime pas instantanément toutes les copies : elle réduit surtout les appariements entre chromosomes dupliqués et permet à leurs gènes de diverger, d’être perdus ou de se spécialiser.
Après une duplication complète
Des duplications du génome entier produisent initialement plusieurs chromosomes apparentés capables de relations complexes pendant la méiose. Des réarrangements, inversions, délétions et divergences de séquence isolent progressivement des paires chromosomiques. L’héritage devient alors principalement disomique, même si l’ascendance polyploïde reste détectable.
Les copies de gènes issues de la duplication sont des ohnologues, une catégorie de séquences homologues à distinguer des orthologues séparés par spéciation. Certaines copies conservent la même fonction, d’autres partagent la fonction ancestrale, acquièrent une fonction nouvelle ou deviennent non fonctionnelles.
Un processus hétérogène
Chez les salmonidés, la rediploïdisation après la duplication ancestrale ne s’est pas achevée au même moment dans toutes les régions du génome. Certains blocs ont continué à se comporter comme des segments tétraploïdes pendant une partie de la diversification des lignées. La rediploïdisation est donc une mosaïque de trajectoires chromosomiques, non un événement ponctuel qui ferait disparaître le statut historique de polyploïdes.