Région organisatrice du nucléole
Une région organisatrice du nucléole, ou NOR pour nucleolar organizer region, est une région chromosomique portant des répétitions de gènes d’ARN ribosomique. Les régions actives participent à l’organisation du nucléole, où commence l’assemblage des ribosomes. La NOR correspond à un locus du chromosome ; elle ne désigne ni le nucléole entier ni un centromère.
Gènes ribosomiques et activité
Chez les poissons, comme chez de nombreux autres animaux, les répétitions concernées codent un grand précurseur d’ARN ribosomique, ensuite maturé notamment en ARN 18S, 5,8S et 28S. Cette organisation ne doit pas être généralisée sans précision à tous les groupes d’eucaryotes, dont certains possèdent des formes différentes des grands ARN ribosomiques.
Toutes les répétitions d’un locus ne sont pas nécessairement transcrites simultanément. Le nombre de copies, leur état d’activité et le nombre de régions organisatrices constituent donc des informations distinctes. Un locus peut être présent dans le génome sans produire le même signal cytologique qu’une région fortement active.
Au cours de la division
Pendant la mitose, le nucléole se désassemble et la transcription ribosomique est fortement réduite. Les régions qui conservent certains facteurs associés contribuent à la reformation du nucléole lors du retour à l’interphase. La revue de McStay décrit notamment ce fonctionnement dans des cellules humaines, avec des comparaisons entre organismes ; elle ne constitue pas une démonstration expérimentale identique chez toutes les espèces de poissons.
Des NOR peuvent apparaître comme des constrictions secondaires sur les chromosomes condensés. Leur apparence dépend cependant de l’état de la chromatine et de la préparation. Le contour du chromosome ne suffit pas à établir la transcription de chaque copie ribosomique.
Cytogénétique comparée
Les méthodes d’observation n’examinent pas toutes le même objet. Le marquage argentique renseigne surtout sur des protéines associées aux régions récemment actives ; la localisation des séquences d’ADN ribosomique renseigne sur les loci présents. Une différence de nombre de marques ne démontre donc pas nécessairement une différence de nombre de loci.
La comparaison entre individus, populations ou espèces distingue localisation chromosomique, activité et variations techniques. Ces réserves limitent les conclusions taxonomiques fondées sur le seul comptage d’un signal cytologique.