Relargage sédimentaire

Le relargage sédimentaire est le transfert net de substances depuis le sédiment vers l’eau sus-jacente. Il peut concerner le phosphore, des formes de l’azote, des métaux ou d’autres composés dissous. Lorsqu’il alimente de nouveau la colonne d’eau en nutriments accumulés au fond, il contribue à la charge interne du milieu.

Mécanismes et conditions

Le transfert ne résulte pas de la seule diffusion. La décomposition de la matière organique produit des formes dissoutes ; les changements d’oxydoréduction peuvent libérer du phosphate associé aux oxydes de fer ; le pH modifie certaines adsorptions ; la bioturbation, l’irrigation des terriers et la remise en suspension transportent aussi des solutés ou des particules. Un même sédiment peut alternativement retenir et libérer une substance selon les conditions à l’interface.

La faible teneur en oxygène près du fond favorise souvent le relargage du phosphore dans les lacs riches en fer, mais ce mécanisme n’est ni unique ni universel. La température peut accélérer les réactions biologiques, sans faire de l’été une condition obligatoire. La salinité, la composition minérale, la disponibilité en carbone, les apports récents et l’hydrodynamique influencent également le flux.

Le relargage se mesure généralement comme un flux surfacique, par exemple en milligrammes de phosphore par mètre carré et par jour, à partir de chambres benthiques, de carottes incubées, de profils d’eau interstitielle ou de bilans. Le résultat dépend des conditions oxiques, de la température et de la remise en suspension, car une incubation représente un potentiel et non nécessairement le flux réel de tout le plan d’eau.

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