Relargage sédimentaire

Le relargage sédimentaire est un transfert net de substances depuis le sédiment vers l’eau située au-dessus. Il peut restituer des nutriments stockés au fond et contribuer à la charge interne d’un lac ou d’une retenue. Un même sédiment peut retenir puis libérer une substance, selon son état et les conditions à l’interface.

Exemple du phosphore

Le phosphore associé aux sédiments ne constitue pas une réserve uniformément disponible. Il peut être lié à la matière organique ou à des phases minérales. La dégradation de matière organique, les changements de pH et les conditions d’oxydoréduction modifient sa rétention et sa remise en circulation.

La dissolution de certains oxydes de fer en conditions pauvres en oxygène peut libérer du phosphore adsorbé. Ce mécanisme n’explique toutefois pas tous les flux. Dans l’étude de Fisher et Wood sur le lac Upper Klamath, les sédiments ont d’abord retenu du phosphore avant d’en relarguer ; les modifications de pH ont influencé ce fonctionnement.

La remise en suspension déplace aussi des particules et change leurs échanges avec l’eau. Un transfert particulaire et une libération sous forme dissoute ne représentent donc pas exactement le même phénomène, même s’ils peuvent contribuer ensemble à la charge interne.

Mesurer un flux

Le relargage peut être estimé par des carottes de sédiment, des chambres au fond, des profils d’eau interstitielle ou des bilans de matière. Une étude du lac Érié a comparé plusieurs de ces approches et mis en évidence une variabilité spatiale des flux.

Le résultat s’exprime notamment en masse par unité de surface et par unité de temps. Les conditions d’oxygénation, la température et la perturbation de l’interface comptent dans l’interprétation. Une incubation ne reproduit pas nécessairement le flux annuel de l’ensemble du plan d’eau.

Portée écologique

La charge interne peut entretenir des concentrations en nutriments après la réduction des apports externes. Son importance dépend du stock sédimentaire, des échanges et du bilan du milieu. Une concentration élevée dans le sédiment ne suffit donc pas à prévoir la quantité qui rejoindra l’eau.

Les résultats obtenus pour le phosphore ne s’appliquent pas automatiquement à l’azote, aux métaux ou à d’autres substances : leurs formes chimiques et leurs mécanismes de transfert diffèrent.

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