Résilience écologique
La résilience écologique décrit la manière dont une population, une communauté ou un écosystème conserve ou retrouve son organisation et ses fonctions après une perturbation. Le terme recouvre deux notions liées : la vitesse de retour vers une condition de référence et la capacité à absorber des changements sans franchir un seuil conduisant à un autre régime écologique.
Deux usages complémentaires
La résilience dite d’ingénierie correspond au rythme auquel une variable revient vers sa dynamique de référence après avoir été déplacée. Elle s’évalue par exemple par un temps de récupération, à condition de définir la variable suivie, la référence et la période d’observation.
La résilience au sens de Holling porte plutôt sur la quantité de changement qu’un système peut absorber tout en restant dans le même domaine d’attraction. Un écosystème peut alors fluctuer fortement sans perdre les rétroactions qui maintiennent son régime, tandis qu’un déplacement plus faible peut provoquer une transition durable s’il survient près d’un seuil.
Une propriété toujours contextualisée
La résilience n’est ni une qualité générale ni un retour obligatoire à un état historique. Elle concerne une composante précise face à une perturbation donnée. Une communauté peut récupérer rapidement sa biomasse tout en conservant une composition en espèces modifiée. La fréquence des événements, leur intensité, leur durée et les pressions chroniques influencent aussi la trajectoire.
La résistance décrit l’ampleur du changement initial, alors que la récupération décrit ce qui se passe ensuite. Un système très résistant peut peu changer mais récupérer lentement ; un autre peut être fortement affecté puis revenir rapidement. Les actions de renaturation d’un milieu cherchent souvent à restaurer plusieurs mécanismes de réponse plutôt qu’une valeur unique. Une communauté stabilisée n’est donc pas nécessairement immobile : sa stabilité peut inclure des variations régulières et des réorganisations réversibles.