Résistance écologique
La résistance écologique est la capacité d’une population, d’une communauté ou d’un écosystème à subir peu de changement lorsqu’une perturbation survient. Elle se rapporte à l’écart initial entre une variable observée et sa condition de référence. Une forte résistance signifie que la structure ou la fonction considérée demeure proche de cette référence pendant ou juste après l’événement.
Mesure d’une réponse
La résistance porte toujours sur une variable et une échelle définies : abondance d’une espèce, biomasse, production primaire, oxygénation, couverture d’un habitat ou composition d’une communauté. Elle peut être exprimée par une différence, un rapport ou un indice standardisé entre un site perturbé et une référence. Le moment de mesure est essentiel, car un relevé tardif mélange la réponse immédiate et la récupération.
Une valeur inchangée ne signifie pas nécessairement que tous les mécanismes internes sont restés identiques. Dans un écosystème, la compensation entre espèces peut maintenir une fonction globale malgré de fortes variations de populations. Inversement, une faible modification de biomasse peut masquer un remplacement d’espèces ou une perte de diversité fonctionnelle.
Distinction avec la résilience
La résistance décrit principalement l’amplitude du déplacement provoqué par la perturbation. La résilience écologique décrit, selon le cadre retenu, la vitesse de retour ou la capacité à rester dans le même régime malgré les changements. Ces propriétés ne varient pas nécessairement ensemble : un système peu résistant peut récupérer vite, tandis qu’un système qui change peu au départ peut rester durablement décalé.
La comparaison entre milieux dépend aussi du type, de l’intensité et de la durée de la perturbation, ainsi que de la condition de référence. Une communauté stabilisée peut être résistante à une variation saisonnière habituelle et sensible à une canicule, à une pollution ou à une modification hydrologique d’une autre ampleur.