Somites
Les somites sont des blocs pairs et transitoires de mésoderme paraxial qui se forment successivement de part et d’autre de la notocorde chez l’embryon des vertébrés. Leur apparition segmente l’axe du corps selon un rythme propre à l’espèce. Chez les poissons, ils contribuent notamment aux muscles axiaux, à des éléments du squelette et au tissu conjonctif dorsal.
Formation séquentielle
Les nouveaux somites bourgeonnent à l’extrémité antérieure du mésoderme présomitique pendant que l’axe embryonnaire s’allonge vers l’arrière. Chez le poisson-zèbre, des oscillations coordonnées de l’expression de gènes, associées notamment à la voie Notch, constituent une horloge de segmentation. Leur interaction avec des gradients de maturation positionne périodiquement les futures limites somitiques.
Le nombre de somites fournit ainsi un repère de stade plus directement lié au développement axial que le seul temps écoulé depuis la fécondation. La température influence cependant la vitesse de développement, et les comparaisons restent dépendantes de l’espèce et des conditions d’incubation.
Destin des compartiments
Après leur formation, les somites se régionalisent. Le myotome produit l’essentiel de la musculature squelettique axiale et donne l’organisation segmentée visible sous forme de myomères. Le sclérotome contribue aux éléments vertébraux et aux tissus associés, tandis que le dermomyotome fournit des précurseurs musculaires participant notamment à la croissance ultérieure.
Chez les téléostéens, la segmentation des somites et celle de la colonne vertébrale ne se superposent pas par un mécanisme simple. Des travaux chez le poisson-zèbre montrent qu’une grande partie du patron des corps vertébraux dépend aussi de cellules de la gaine de la notocorde. Les somites restent donc un plan segmentaire majeur pour les muscles et plusieurs tissus axiaux, sans constituer à eux seuls le moule direct de chaque vertèbre.