Stade sans queue
Le stade sans queue est un terme historique ambigu de l’embryologie des poissons. Malgré son nom, il correspond à la phase où l’extrémité caudale s’individualise et commence à se dégager du sac vitellin. La queue est donc présente mais encore courte et peu différenciée. Dans les tables modernes, ce repère est généralement nommé « séparation de la queue » ou décrit par des caractères morphologiques propres à l’espèce.
Dégagement de la région caudale
Au début de l’organogenèse, l’embryon est appliqué contre le vitellus. L’allongement axial et la progression des somites rendent ensuite l’extrémité postérieure libre. Cette séparation augmente la mobilité de la queue et précède les mouvements embryonnaires plus amples, la différenciation de la nageoire primordiale et, beaucoup plus tard, la formation du squelette caudal.
Le terme ne doit pas être confondu avec une malformation entraînant l’absence de queue, ni avec la résorption de la queue observée chez les têtards d’amphibiens. Il ne désigne pas non plus la flexion de la notocorde chez la larve de poisson. L’événement suivi est uniquement le détachement morphologique de la partie caudale par rapport à la surface du vitellus.
Un repère descriptif
Les séquences de développement diffèrent entre espèces par la taille de l’œuf, la quantité de vitellus, la température et le mode d’incubation. La durée écoulée après fécondation ne suffit donc pas à comparer deux embryons. Le nombre de somites, la longueur libre de la queue, la position de l’extrémité caudale et la présence de mouvements constituent des repères plus robustes. Dans une nomenclature actuelle, « stade de séparation de la queue » évite le contresens créé par « stade sans queue ».