Taux de morbidité
Le taux de morbidité décrit la fréquence des maladies dans une population définie, mais cette expression recouvre plusieurs mesures différentes. Elle peut désigner une proportion d’animaux malades, une incidence cumulée ou un taux calculé à partir du temps à risque. Une valeur n’est interprétable qu’avec la définition des cas, le dénominateur et la période auxquels elle se rapporte.
Choisir la mesure
La prévalence indique la proportion d’individus atteints à un moment donné, ou pendant une période explicitement définie. Elle comprend des cas déjà présents. Elle ne mesure donc pas directement la vitesse d’apparition de nouvelles maladies.
L’incidence s’intéresse aux nouveaux cas. L’incidence cumulée rapporte ceux-ci aux animaux initialement exposés au risque pendant une période. Un taux d’incidence utilise au dénominateur la somme des temps effectivement passés à risque, par exemple des animaux-jours. Ce taux possède une dimension temporelle, contrairement à une simple proportion.
Ces mesures ne sont pas interchangeables. Un pourcentage de poissons malades dans un bassin et un nombre de nouveaux cas par animaux-jours répondent à des questions différentes. Comparer leurs valeurs sans connaître le calcul peut faire apparaître une différence sanitaire qui provient seulement des méthodes utilisées.
Définir les cas et la population
La morbidité concerne l’état malade, et non seulement la mortalité. La définition d’un cas peut reposer sur des signes cliniques, une confirmation diagnostique ou un autre critère explicite. Une détection d’agent et une maladie clinique ne constituent pas nécessairement le même événement.
Les introductions, transferts, sorties et pertes de suivi modifient le nombre d’animaux observés et leur durée d’exposition. Le comptage doit aussi préciser comment sont traités les épisodes répétés chez un même individu. L’unité peut être l’animal ou le groupe d’élevage, mais ces deux niveaux ne doivent pas être mélangés.
Comparer et surveiller
Une hausse apparente peut résulter d’une maladie plus fréquente, d’un dépistage accru ou d’une modification de la définition des cas. Les comparaisons entre sites et périodes demandent des conditions d’observation suffisamment comparables. Les incertitudes d’échantillonnage et la performance des méthodes diagnostiques doivent être considérées.
La mesure retenue sert à suivre l’état sanitaire et à évaluer des évolutions. Elle ne permet pas, isolément, d’identifier la cause d’une maladie ni de démontrer l’effet d’une intervention.