Thérapie génique

La thérapie génique utilise un acide nucléique recombinant pour obtenir un effet thérapeutique, prophylactique ou diagnostique par l’ajout, le remplacement, la suppression ou la régulation d’une séquence génétique. Elle ne consiste pas nécessairement à « greffer un gène normal » : l’objectif et le mécanisme varient selon la maladie, les cellules ciblées et le produit administré.

Stratégies de transfert

Une approche in vivo délivre directement le matériel génétique dans l’organisme. Une approche ex vivo prélève des cellules, les modifie puis les réadministre. Le vecteur peut être viral, comme un adénovirus ou un virus adéno-associé, ou non viral, par exemple un plasmide ou une nanoparticule. Le choix dépend de la durée d’expression recherchée, du tissu cible, de la taille de la séquence et du profil de sécurité.

L’effet provient de l’expression du matériel introduit ou de la modification qu’il induit. Une copie fonctionnelle peut compenser une fonction déficiente ; un ARN peut réduire l’expression d’un gène ; une édition ciblée peut corriger ou inactiver une séquence. Les risques comprennent la réponse immunitaire, l’expression hors cible, l’intégration non souhaitée, une efficacité insuffisante et, selon le vecteur, une persistance ou une dissémination inattendue.

Distinctions importantes

La thérapie génique vise le traitement ou la prévention d’une affection chez l’individu receveur. Elle se distingue de la transgenèse destinée à créer une lignée héréditaire, de la sélection génétique et des manipulations visant seulement un caractère de production. Dans le cadre réglementaire européen des médicaments humains, les vaccins contre les maladies infectieuses sont explicitement exclus de la définition du médicament de thérapie génique, même lorsqu’ils utilisent un acide nucléique recombinant.

Chez les poissons, les techniques de transfert et d’édition génétique servent surtout à la recherche, aux modèles expérimentaux et à l’étude de caractères aquacoles. Leur existence ne démontre ni une efficacité thérapeutique clinique ni une autorisation vétérinaire. Une application à des animaux aquatiques soulève en plus des questions de confinement, de transmission germinale, de bien-être et de risque environnemental.

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