Tolérance immunitaire
La tolérance immunitaire est une absence de réponse immunitaire dommageable envers un antigène déterminé chez un organisme par ailleurs capable de répondre à d’autres antigènes. Elle contribue notamment à la protection des constituants du soi contre l’auto-immunité. Elle repose sur des mécanismes de sélection et de régulation des lymphocytes, et ne se confond pas avec une incapacité générale du système immunitaire.
Tolérance centrale et périphérique
La formation des récepteurs de l’immunité adaptative produit une grande diversité de possibilités de reconnaissance. Certaines peuvent viser des constituants de l’organisme. La tolérance centrale agit pendant le développement des lymphocytes, en éliminant ou en modifiant des cellules dont la reconnaissance du soi présente un risque.
La tolérance périphérique concerne des cellules déjà sorties de ces sites de développement. Elle peut reposer sur leur inactivation, leur élimination ou une régulation exercée par d’autres cellules. Ces mécanismes se complètent ; aucun ne rend à lui seul toute réaction contre le soi impossible.
Chez les poissons
Le thymus des téléostéens participe au développement et à la sélection des lymphocytes T. La conservation de grandes fonctions immunitaires n’implique toutefois pas une identité complète des organes, des marqueurs ou des populations cellulaires avec ceux des mammifères.
Des travaux chez le poisson-zèbre ont mis en évidence une auto-immunité adaptative et des fonctions de régulation associées à Foxp3. Ils soutiennent l’existence ancienne de mécanismes actifs de tolérance chez les vertébrés. Ils ne suffisent pas à décrire toutes les voies de régulation dans chaque espèce de poisson.
Une notion spécifique de l’antigène
Une rupture de tolérance peut favoriser des autoanticorps et des lésions dirigées contre des tissus de l’organisme. À l’inverse, l’absence de réaction contre un antigène particulier n’établit pas, à elle seule, une tolérance : une exposition insuffisante, une immaturité du système ou un défaut de mesure peuvent aussi l’expliquer.
La tolérance se distingue donc d’une immunosuppression générale. Sa durée, sa réversibilité et ses conséquences dépendent de l’antigène, du mécanisme et du contexte biologique. Une diminution globale des défenses ou une faible réponse vaccinale ne peut pas être interprétée automatiquement comme une tolérance spécifique.