Toxicocinétique
La toxicocinétique étudie la vitesse à laquelle une substance entre dans un organisme, s’y distribue, est transformée puis éliminée. Elle relie l’exposition externe à la dose interne présente dans le sang, un tissu ou l’ensemble du corps. Elle décrit ce que l’organisme fait au contaminant, tandis que la toxicodynamie décrit les effets du contaminant sur ses cibles biologiques.
Absorption, distribution, métabolisme et excrétion
L’absorption peut se produire par les branchies, le tube digestif ou la peau. Après son entrée, la substance se distribue selon le débit sanguin, l’affinité pour les lipides ou les protéines et la perméabilité des tissus. Le métabolisme, ou biotransformation, peut rendre une molécule plus facilement éliminable, mais aussi produire un métabolite plus réactif. L’excrétion s’effectue notamment par les branchies, le rein, la bile ou les fèces.
Ces étapes sont souvent résumées par l’acronyme ADME. Elles sont quantifiées par des constantes d’absorption et d’élimination, des concentrations maximales, des demi-vies ou des facteurs de bioconcentration. Un modèle à compartiments simplifie les tissus en volumes cinétiques ; un modèle physiologique représente plus explicitement les organes, les débits et les propriétés de la substance.
Particularités des poissons
La température influence le métabolisme et la ventilation branchiale des poissons ectothermes. La salinité, le pH, l’oxygène, la taille, le stade, l’alimentation et la teneur en lipides modifient aussi l’exposition interne. Pour une substance hydrophobe persistante, l’absorption par l’eau et les aliments peut dépasser l’élimination et conduire à une bioaccumulation.
Une concentration externe identique ne produit donc pas nécessairement la même dose interne entre espèces, saisons ou stades. Les données toxicocinétiques aident à interpréter les essais de toxicité, à relier une concentration tissulaire à un effet et à comparer les voies d’exposition. Elles ne déterminent pas à elles seules si la dose interne provoquera un dommage.