Troglobionte
Un troglobionte est un organisme qui dépend des habitats souterrains pour accomplir son cycle de vie. Le terme décrit une relation écologique au milieu, et non un groupe taxonomique. Certains auteurs le réservent aux espèces terrestres, tandis que d’autres l’emploient au sens large, en distinguant ensuite les troglobiontes terrestres des formes aquatiques appelées stygobiontes.
Une dépendance au milieu souterrain
La présence occasionnelle d’un animal dans une grotte ne suffit pas à en faire un troglobionte. Le caractère obligatoire de la relation repose sur l’histoire naturelle de l’espèce et sur sa distribution. Le mot cavernicole est plus général : il peut qualifier des organismes qui fréquentent les cavités sans y être strictement confinés.
Un troglophile peut accomplir son cycle sous terre ou dans des habitats de surface appropriés. Un trogloxène utilise les cavités pendant une partie de sa vie, tout en conservant une dépendance à des ressources ou à des habitats extérieurs. Ces catégories correspondent à des usages écologiques ; leurs frontières et leur terminologie varient entre les publications.
Adaptations et diversité
La réduction des yeux et de la pigmentation, l’allongement de certains appendices et le développement de modalités sensorielles non visuelles sont fréquents chez les espèces souterraines obligatoires. Ces caractères ne sont ni universels ni suffisants, isolément, pour établir le statut écologique d’une espèce. Des phénomènes de sélection et de dérive peuvent contribuer aux transformations observées ; ils ne s’excluent pas nécessairement.
Pour les organismes aquatiques obligatoires des eaux souterraines, stygobie ou stygobionte apporte une précision utile. Une étude de la biodiversité du Tennessee emploie ainsi troglobionte comme catégorie générale, comprenant des espèces terrestres et des stygobiontes. Une définition limitée à la faune terrestre ne couvre donc pas tous les usages scientifiques du mot.
Conservation
Les habitats hypogés peuvent être fragmentés et certaines espèces possèdent des aires de répartition très restreintes. Leur conservation dépend des cavités, mais aussi des connexions hydrologiques, de la qualité des eaux et des apports provenant de la surface. Une faible capacité de dispersion peut rendre la recolonisation difficile après la dégradation d’un habitat.