Turbide ou trouble
Une eau est dite turbide ou trouble lorsque des particules dispersées diffusent et absorbent assez de lumière pour réduire sa transparence. Les particules peuvent être minérales, organiques ou biologiques : argiles, limons, détritus, microorganismes ou algues. L’adjectif décrit une apparence et une propriété optique, sans identifier à lui seul la nature ni la concentration des matières présentes.
Origines et distinction
Le ruissellement, l’érosion, la remise en suspension des sédiments, les proliférations planctoniques, l’alimentation ou les travaux peuvent troubler l’eau. Une eau colorée par des substances dissoutes peut paraître sombre tout en contenant peu de particules ; inversement, de fines particules transparentes peuvent produire une forte diffusion. « Trouble » ne signifie donc pas nécessairement sale, toxique ou pauvre en oxygène.
La turbidité est la grandeur instrumentale associée à cette propriété optique. La visibilité, la transparence au disque de Secchi et la concentration en matières en suspension apportent des informations voisines mais non interchangeables. La taille, la forme, la couleur et l’indice de réfraction des particules modifient le signal : deux eaux contenant la même masse de sédiment peuvent avoir des turbidités différentes.
Dans un milieu aquatique, un trouble durable réduit la pénétration lumineuse et peut modifier la production primaire, la recherche de nourriture visuelle ou la qualité des habitats. Les effets branchiaux et l’enfouissement des œufs dépendent toutefois du type de particules, de l’intensité, de la durée d’exposition et de l’espèce.