Turbidité
La turbidité exprime les propriétés optiques d’un liquide qui diffusent et absorbent la lumière au lieu de la laisser suivre un trajet rectiligne. Dans l’eau, elle provient surtout de particules en suspension, telles que limons, argiles, matière organique ou cellules planctoniques. Elle ne mesure pas directement leur masse et ne renseigne pas seule sur leur composition.
Mesure
Un néphélomètre mesure la lumière diffusée, généralement à un angle proche de 90°, tandis qu’un turbidimètre par atténuation mesure la diminution du faisceau transmis. La norme ISO 7027-1 emploie un rayonnement proche infrarouge et distingue notamment les unités néphélométriques à la formazine (FNU) des unités d’atténuation à la formazine (FAU). La notation NTU est courante avec d’autres configurations instrumentales. Une valeur n’est comparable à une autre que si la méthode, la longueur d’onde, l’angle, l’étalonnage et la gamme sont compatibles.
Les bulles, les rayures de cuve, la couleur de l’eau, les dépôts sur le capteur et la distribution granulométrique peuvent biaiser le résultat. La formazine sert de référence d’étalonnage, mais ses particules ne reproduisent pas toutes les eaux naturelles. Pour relier la turbidité aux matières en suspension, une relation locale doit être établie par des prélèvements et des mesures gravimétriques.
Sens écologique
La turbidité varie rapidement lors d’une crue, d’une remise en suspension, d’un chantier ou d’une prolifération algale. Elle réduit la pénétration de la lumière et peut affecter photosynthèse, alimentation visuelle, branchies et substrats de ponte. Aucun seuil universel ne convient à tous les poissons : la taille et la nature des particules, la durée d’exposition et l’histoire naturelle de l’espèce déterminent une grande part de l’effet.


