Zone d’occupation

La zone d’occupation, ou AOO pour area of occupancy, est une mesure normalisée de la surface occupée par un taxon à l’intérieur de sa zone d’occurrence. Pour appliquer les seuils de la Liste rouge de l’UICN, elle se calcule avec des mailles de 2 kilomètres de côté. Elle décrit une occupation à cette échelle, et non la surface exacte de chaque habitat utilisé.

Une mesure liée à une grille

Les lignes directrices UICN, version 16 de mars 2024, imposent une grille de 2 × 2 kilomètres pour comparer l’AOO aux seuils des critères concernés. Chaque maille occupée compte pour 4 kilomètres carrés. Une petite mare, un tronçon de rivière ou un îlot d’habitat peut donc occuper une fraction de la maille tout en contribuant à sa surface entière dans cette mesure.

Ce choix assure la cohérence avec les seuils d’évaluation. Une cartographie plus fine peut être utile à la gestion, mais sa superficie ne remplace pas directement l’AOO normalisée. La position de la grille, la qualité des localisations et les inférences d’occupation sont des éléments de méthode qui accompagnent le résultat.

Occupation, habitat et étendue

L’habitat favorable n’est pas nécessairement occupé. Inversement, la maille contenant une présence peut comprendre de grandes surfaces défavorables. L’AOO ne se confond donc ni avec une carte de tous les habitats potentiels, ni avec la somme précise des surfaces physiquement utilisées par les organismes.

La zone d’occurrence mesure plutôt la dispersion géographique des présences. Deux espèces ayant une étendue comparable peuvent présenter des AOO très différentes si l’une est largement répartie dans cette étendue et l’autre limitée à quelques sites. Pour une espèce migratrice, l’UICN retient la plus petite des surfaces d’occupation des périodes de reproduction et de non-reproduction, plutôt que leur réunion.

Interprétation dans une évaluation

Le calcul repose sur les occurrences actuelles connues, inférées ou projetées avec justification. Les sites disparus et les individus erratiques ne sont pas assimilés à une occupation actuelle. Des observations rares ou anciennes peuvent sous-estimer l’occupation ; l’incertitude des données reste donc une partie du résultat.

Une faible AOO contribue à certains critères de menace, mais ne suffit pas à déclarer une espèce vulnérable. Le critère B examine également des conditions telles que la fragmentation, le nombre de localités, les déclins ou les fluctuations. La valeur décrit une composante du risque de disparition, pas une catégorie de conservation à elle seule.

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