Acidité
L’acidité décrit la tendance d’un composé à céder un proton ou, pour une eau analysée, sa capacité à neutraliser une base jusqu’à un point final défini. Elle dépend des espèces acides présentes et de leurs équilibres. Cette propriété ne se confond pas avec le pH, qui est relié à l’activité des ions hydrogène dans les conditions de mesure.
Acidité et pH
Le pH renseigne sur l’état acido-basique instantané d’une solution. Deux eaux ayant le même pH peuvent néanmoins consommer des quantités très différentes de base au cours d’un titrage, parce que leurs concentrations en dioxyde de carbone dissous, acides organiques, ions métalliques hydrolysables et autres espèces diffèrent.
L’acidité titrable correspond à la quantité de base forte consommée pour atteindre un point final défini par la méthode. Elle s’exprime en quantité de matière ou en équivalents par volume, souvent en milligrammes par litre équivalent carbonate de calcium. Le résultat dépend du point final, de la préparation de l’échantillon et des transformations telles que le dégazage, l’oxydation ou la précipitation pendant l’analyse.
Pour un acide pris isolément, l’acidité peut aussi désigner sa tendance à céder un proton, quantifiée par une constante de dissociation dans un solvant précisé. Cette force intrinsèque ne se déduit pas d’un seuil fixe de pH : la concentration, la température et la composition de la solution interviennent également.
Interprétation en milieu aquatique
L’alcalinité décrit la capacité de l’eau à neutraliser un apport acide. Acidité et alcalinité sont donc des capacités de neutralisation opposées, et non de simples synonymes d’un pH bas ou élevé. Les échanges de dioxyde de carbone, la photosynthèse, la respiration, la nitrification et la composition minérale peuvent déplacer le pH sans produire le même changement d’acidité titrable. L’aptitude d’une eau à une espèce aquatique dépend de cet ensemble de paramètres et de leur dynamique.