Estivation
L’estivation est un état réversible de dormance qui permet à certains animaux de traverser une période chaude ou sèche défavorable. L’activité et la dépense métabolique diminuent, tandis que des ajustements physiologiques permettent de supporter la privation d’eau et de nourriture. Chez les dipneustes capables d’estiver, cette réponse accompagne notamment l’assèchement de l’habitat ; elle ne se résume pas à rester immobile dans la vase.
Survivre à l’assèchement
Les dipneustes respirent de l’air grâce à leurs poumons. Chez les espèces africaines du genre Protopterus, l’enfouissement s’accompagne de la formation d’un cocon de mucus séché, avec un passage permettant les échanges avec l’air. Le dipneuste sud-américain Lepidosiren paradoxa peut aussi estiver dans un terrier, sans fabriquer le même cocon. Ces différences interdisent de décrire un dispositif unique pour tous les dipneustes.
L’entrée en estivation, son maintien et le réveil constituent des phases distinctes. Les ajustements de ventilation, de circulation et de métabolisme ne sont pas nécessairement parallèles pendant ces trois phases. Chez L. paradoxa, une expérimentation d’estivation a notamment mis en évidence une diminution de la fréquence cardiaque et des changements des gaz sanguins ; ces résultats décrivent les conditions de l’étude, pas une valeur physiologique universelle.
Économiser les ressources et gérer les déchets
Pendant la dormance, le poisson utilise ses réserves et conserve des fonctions indispensables malgré l’arrêt de l’alimentation. La perte d’eau et l’accumulation des déchets azotés deviennent des contraintes majeures lorsque les échanges branchiaux avec l’eau cessent.
Chez Protopterus annectens, l’ammoniac est notamment transformé en urée, qui s’accumule pendant l’estivation. Des travaux sur ses transporteurs branchiaux montrent des régulations différentes selon les phases, compatibles avec la préparation de l’excrétion au réveil. Cette observation ne démontre pas que tous les animaux estivants emploient les mêmes voies ou accumulent les mêmes quantités d’urée.
Le retour de l’eau permet le réveil et l’élimination de déchets accumulés ; la reprise de l’alimentation est progressive. Une baisse d’activité due à une maladie, à un manque d’oxygène ou à des conditions inadéquates n’est donc pas, à elle seule, une preuve d’estivation.