Albinos
Albinos qualifie un individu chez lequel une variation congénitale entraîne une production absente ou très réduite de mélanine. Chez les poissons, les autres cellules pigmentaires et les structures réfléchissantes peuvent subsister : un animal albinos n’est donc pas nécessairement blanc. La couleur du corps et des yeux dépend de l’espèce, du défaut génétique et des pigments encore présents.
Des pigments différents
La mélanine se trouve notamment dans les mélanophores et les cellules pigmentaires de l’œil. La robe associe aussi des cellules jaunes ou rouges et des iridophores réfléchissants. Une diminution de mélanine peut ainsi laisser apparaître des couleurs crème, jaunes, orangées ou rosées. Les yeux peuvent devenir rougeâtres lorsque les tissus sous-jacents transparaissent, sans que cet aspect soit identique chez tous les albinos.
Chez le médaka Oryzias latipes, Koga et Hori ont identifié des insertions d’éléments transposables dans le gène de la tyrosinase. Deux allèles étudiés produisaient des aspects distincts : un albinisme complet avec yeux rouges et un phénotype presque albinos avec pigmentation résiduelle. Cet exemple montre que la seule couleur ne révèle ni l’allèle responsable ni son fonctionnement.
Albinisme, leucisme et pseudo-albinisme
Le leucisme concerne une diminution ou une absence de cellules pigmentaires dans certaines régions ou dans tout le corps ; les yeux restent souvent pigmentés. L’albinisme touche plutôt la production ou la mise en place de mélanine. Ces mots décrivent donc des mécanismes différents, même lorsque les robes se ressemblent.
Chez le poisson plat Paralichthys olivaceus, l’étude de Shikano et ses collègues distinguait l’albinisme du pseudo-albinisme. Les albinos présentaient moins de mélanophores, alors que les nombres de xanthophores et d’iridophores n’étaient pas significativement différents de ceux des témoins. Le pseudo-albinisme s’accompagnait d’une diminution des mélanophores et des xanthophores dans les zones concernées. Les deux états pouvaient aussi coexister chez un même individu.
Un pâlissement transitoire, une lésion cutanée ou une différence normale entre faces d’un poisson plat ne permettent donc pas, à eux seuls, de conclure à un albinisme congénital.
Conséquences et interprétation
Les effets sur la croissance, la vision ou la survie dépendent du défaut, de l’espèce et du milieu. Des performances de croissance inférieures et davantage de déformations vertébrales ont été observées dans le lot de poissons plats étudié ; ces résultats ne décrivent pas tous les poissons albinos. Un aspect clair ne constitue ni une preuve générale de consanguinité ni un diagnostic de fragilité. L’histoire du lot, l’examen de la pigmentation et, lorsque cela est pertinent, l’analyse génétique complètent l’observation de la robe.