Antigène
Un antigène est une structure moléculaire reconnue spécifiquement par un anticorps, par le récepteur d’un lymphocyte B ou, après présentation, par celui d’un lymphocyte T. Il peut provenir d’un agent infectieux, d’un aliment, d’un vaccin ou des propres cellules de l’organisme. Un antigène n’est donc pas nécessairement étranger, dangereux ni capable à lui seul de déclencher une réponse protectrice.
Reconnaissance
La partie précise reconnue est appelée épitope. Les anticorps et récepteurs des lymphocytes B se lient à des épitopes accessibles sur une molécule native ou sur une structure assemblée. Les récepteurs conventionnels des lymphocytes T reconnaissent surtout des peptides découpés puis présentés par des molécules du complexe majeur d’histocompatibilité. Une même protéine peut ainsi porter plusieurs épitopes B et T, dont l’accessibilité varie avec sa conformation et sa dégradation.
Un antigène capable d’induire une réponse est un immunogène. Certaines petites molécules, appelées haptènes, sont reconnues par des anticorps mais ne deviennent immunogènes qu’une fois associées à une molécule porteuse. À l’inverse, la rencontre avec un antigène peut conduire à une réponse, à une tolérance ou à une absence de réaction mesurable selon la dose, la voie d’exposition, les signaux inflammatoires et l’état de l’animal.
Chez les téléostéens, les immunoglobulines IgM, IgD et IgT/IgZ participent à des compartiments systémiques ou muqueux dont l’importance varie selon l’espèce et le tissu. Un vaccin cherche à présenter des antigènes sous une forme qui favorise mémoire et protection, mais la quantité d’anticorps ou la liaison à un antigène ne suffit pas toujours à prédire l’efficacité contre l’infection.
En diagnostic, un test antigénique détecte une cible définie dans un prélèvement. Sa sensibilité dépend de la charge de l’agent, du tissu, du moment du prélèvement et de la conservation ; sa spécificité dépend notamment des réactions croisées du réactif. Un résultat positif signale la présence de la cible détectable, pas nécessairement un agent viable ni la cause unique des lésions.
Antigénicité et protection
La reconnaissance d’une cible et sa capacité à provoquer une réponse constituent deux propriétés distinctes. Un anticorps peut se lier à un antigène sans bloquer une fonction nécessaire à l’agent. Une réponse dirigée contre un constituant peu accessible dans l’animal peut ainsi produire un signal analytique tout en ayant une portée protectrice limitée.
Dans une préparation vaccinale ou un test, le traitement de la matière modifie parfois les épitopes : une protéine dénaturée, un fragment et une molécule native ne présentent pas exactement les mêmes structures. L’identité de l’antigène et la méthode de préparation font donc partie de l’interprétation. Comparer deux tests exige de connaître leurs cibles, plutôt que de supposer que toute mesure dite antigénique porte sur la même composante de l’agent.
Une préparation peut contenir plusieurs antigènes. La réaction observée dépend alors de la cible du réactif et des composants présents ; elle ne prouve pas que tous ont été reconnus. Cette hétérogénéité compte pour les extraits complexes, les agents entiers et les mélanges utilisés en immunologie. L’absence de signal pour un épitope particulier ne démontre pas l’absence de tout antigène dans le prélèvement.
