Antitropical

Antitropical qualifie une distribution disjointe présente dans les régions tempérées ou froides des deux hémisphères, mais absente ou fortement réduite aux latitudes tropicales intermédiaires. Ce patron de biogéographie peut concerner une même espèce, des espèces sœurs ou un clade plus vaste. Il décrit une géométrie de répartition actuelle, sans préjuger de l’âge ni du mécanisme de la disjonction.

Origines possibles

Une dispersion à travers les tropiques devient plus probable lorsque les eaux de surface se refroidissent ou lorsqu’une lignée peut emprunter des eaux profondes plus fraîches. Après l’établissement dans l’autre hémisphère, le réchauffement ou une modification des courants peut isoler les populations. Une extinction dans la zone intermédiaire produit aussi une disjonction à partir d’une aire autrefois continue. À l’inverse, la séparation d’une aire ancienne par un événement géologique ou océanographique relève d’un scénario de vicariance.

Ces mécanismes peuvent se succéder et laisser des signatures voisines. Une divergence récente entre populations tempérées concorde davantage avec une dispersion récente qu’une divergence antérieure aux conditions océaniques invoquées. La profondeur, la tolérance thermique et la capacité larvaire de dispersion fournissent des contraintes indépendantes.

Interprétation

La limite tropicale dépend de la température, des courants, de la profondeur et de l’écologie du groupe. Une absence dans les relevés équatoriaux peut aussi refléter un habitat profond mal échantillonné ou une identification incomplète. Répartition, phylogénie, datation des divergences, fossiles et histoire océanographique permettent de comparer les scénarios. Les analyses menées sur les poissons marins soutiennent des histoires différentes selon les lignées ; aucun mécanisme unique ne définit l’antitropicalité.

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